Politique et humour
22h00
Nous avons roulé longtemps, en suivant la rivière, sans rencontrer âme qui vive, nous nous installerons dans un abri de fortune , comme les premiers jours de notre départ, qu’importe nous sommes tous les deux et heureux de nous retrouver seuls. Félicité m’a ouvert de jour en jour son cœur, pas de déclaration, son exaspération a suffi à nous rapprocher définitivement, jamais nous nous séparerons, personne n’aura le pouvoir de nous séparer. Nous sommes partis l’esprit libre et joyeux, Félicité est dans mes bras, elle se repose de ses émotions, Max est installé auprès de nous, il nous regarde de ses bons yeux de chien fidèle, comme s’il voulait nous dire dormez, je suis là, je veille.
Jour 50
05h00
Le jour de lève, j’ouvre un œil, au loin, je distingue le pont qui a sans doute permis aux militaires de venir commercer avec la ferme, nous devrions faire un détour, il est fortement probable qu’un détachement venant des tours campe à proximité, équipé de jumelles longues portées et de détecteurs infra rouge. Un grand détour s’impose, il serait dommage de nous faire intercepter par de tels individus. Alors , nous nous enfonçons hors chemin, à travers champ pour contourner cet obstacle, nous reviendrons ensuite longer le cours d’eau. Le détour est assez pénible, impossible de rouler sur nos machines, nous devons les conduire à pieds,cela prendra le temps qu’il faut, qu’importe. Puis à travers ces champs en friche nous ne risquons pas de faire de rencontres. Au bout de quelques kilomètres, nous croisons un chemin que nous empruntons, on pourra à nouveau monter sur nos machines, qui dit route, dit habitations.
Il est presque certain que nous trouverons une maison abandonnée pour refuge ce soir. Cachée par un bosquet, nous découvrons une étable qui devait servir d’abri aux animaux qui devait ruminer dans ces champs couverts d’herbes foisonnantes. C’est ici que nous passerons la nuit, il fait doux, un petit vent d’ouest, et cette fois nous sommes vraiment à l’abri, du vent, de la pluie et des hommes.