Politique et humour
Jour 49
9h00
Surprise ce matin, une troupe armée jusqu’au dents, des hommes caqués et en tenue de combat installés dans des camions, entrent dans la cour de la ferme. Qui sont ils ? Que cherchent ils ? Viennent ils des tours. Des routiers ? Ils sont peut être à la recherche de fournisseurs, viandes, céréales, fruits et légumes. Le chef saute du camion, il adopte une démarche élastique, se montre comme un soldat entraîné, roule les épaules sans complexe, je reconnais le style et le comportement d’un militaire, envoyé des tours.
Il est à espérer que nous ayons affaire à des gens civilisés, que les fermiers ne soient pas spoliés et qu’ils reçoivent en échange des denrées, des vêtements, des médicaments, des outils et des produits manufacturés. Le commerce entre les tours et les zones rurales existent donc, de quelle manière ?
Les hommes des tours ont sauté des camions, ils se comportent comme des occupants, quadrillent la cour et surveillent les accès des hangars. La confiance ne règne pas , l’homme le plus âgé de la communauté, s’approche du chef du groupe, ils se saluent en signe de paix. La visite surprise s’explique sans doute par un besoin de produits frais, la discussion porte sur la nature des échanges, un camion contient vêtements de toutes tailles, des chaussures, des chaussettes , des couvertures, puis, des médicaments, je reconnais les boites d’anti-biotiques qui nous étaient distribués en cas de maladie, des paquets de cotons, des pansements, des rasoirs et des lames. Tout ce qui pourrait servir à soigner les petites blessures que les fermiers pourraient se faire en maniant des outils ainsi que des objets de toilettes, savon, poudre de lavage.
Félicité et moi restons bien sagement en arrière, je surveille de loin la troupe qui nous ignore totalement. Il ne ferait pas bon de se faire reconnaître, mais qui le pourrait, ma barbe a poussée tout comme nos cheveux. Les tours sont elles liées ? Ont elles des liens de communications entre elles ? Les tours sont elles des entités d’un ensemble plus large ?
Pour notre sécurité, il va falloir que nous nous pratiquions une petite opération, faire disparaître au plus vite les puces d’identifications que nous avons encore sous la peau. La présence des hommes des tours ne m’inspire pas, nous avons conquis notre liberté, il est exclus d’y renoncer. Alors, nous restons bien immobile et essayons de ne pas nous faire remarquer. Nous devons nous confondre dans le paysage.