Politique et humour
C’était la disposition qui faisait l’objet des plus vives critiques, y compris au sein de la majorité. L’Assemblée nationale a donné son feu vert, mercredi 30 janvier, à la possibilité pour les préfets de prononcer des interdictions de manifester, dans le cadre de la loi « anticasseurs » voulue par le gouvernement suite au mouvement des « gilets jaunes ».
Les préfets pourront prononcer des interdictions de manifester à l’encontre d’individus représentant « une menace d’une particulière gravité pour l’ordre public », sous peine de six mois d’emprisonnement et 7 500 euros d’amende. Dans l’arsenal juridique français, ces interdictions administratives préalables s’ajouteront aux interdictions qui peuvent déjà être prononcées par la justice lors de condamnations.
Les libertés de manifester seront compromises par des interdictions dictées par un préfet et par la peur de se faire taxer de 7500 euros d’amende, à l’encontre d’individus et à des groupes par extension, à des partis ou à des mouvements syndicaux en cas de violences ou de dégradations pourraient se produire en fin des parcours proposés par les manifestants et autorisés par l’administration .
Une façon de sécuriser les actions du pouvoir en mal d’arguments logiques ou raisonnés, la solution de facilité dans laquelle tombe sans regret le ministère de l’intérieur qui a décidé de maintenir l’ordre par des exclusions préventives de personnes des manifestations populaires.
La violence est interdite aux manifestants, celle de la police est légitimée par la loi et donc par l’administration. L’ordre sera maintenu par tous les moyens.