Politique et humour
En Lettonie, le conflit en Ukraine ravive la guerre des mémoires entre russophones et lettophones
Pour les uns, le 9 mai 1945 représente la défaite de l’Allemagne nazie face à l’Armée rouge, pour les autres, le début de « l’occupation » par l’URSS. En avril, le Parlement a interdit les rassemblements célébrant la victoire soviétique.
Comme tous les ans depuis qu’elle a recouvré sa souveraineté en 1991, Riga célèbre les morts lettons des guerres du XXe siècle. Ceux qui reposent ici ont combattu pour l’indépendance jusqu’en 1920 mais aussi pour le tsar de Russie ou dans les rangs des bolcheviques.
Elu du parti de centre droit Unité, M. Latkovskis a contribué à la présentation devant le Parlement de la loi limitant cette année les célébrations du 9-Mai et soutient la préparation d’un texte rendant possible la révision des traités signés avec la Russie sur la maintenance des monuments militaires. « L’agression contre l’Ukraine constitue un moment de vérité, souligne M. Latkovskis. Les citoyens de Lettonie dont la langue maternelle est le russe doivent choisir définitivement leur camp : on ne peut pas vivre dans ce pays si on adhère à la propagande historique du Kremlin. Il y avait une zone grise. Maintenant c’est blanc ou noir. » ( Le Monde )
Certainement les russes n’ont pas laissé un bon souvenir de leur occupation bien que les russophones représentent 25 % de la population lettone. Le comportement de Poutine vis à vis de l’Ukraine n’engage pas les lettons à adopter un autre comportement. Il subsiste à l’égard des russes une grande méfiance,