Politique et humour
Par Moustic14
Seul
Il marche lentement sur le trottoir, rase les murs, il évite de se cogner aux employés, aux ouvriers et aux cadres moyens pressées de retrouver leur domicile et qui marchent en sens opposé au sien, il est 18h00, la grande horloge de la gare Saint Lazare l’indique fièrement. Il erre ainsi, désœuvré, bousculé parfois, mais sans avoir la moindre réaction, pourquoi aller dans cette direction finalement, là ou ailleurs, quelle importance, nul part est peut être mieux qu’ici. Les passants le gênent, il s’arrête parfois pour écouter les boniments d’un camelot vantant les mérites du dernier gadget qui pourrait venir à la mode. La nuit tombe lentement, la circulation est très dense, les voitures sont le plus souvent bloquées, pare-choc contre pare-choc, les feux rouges clignotent, le trafic cafouille. Il ne pleut pas, les automobiles ont leurs phares allumés, les rues s’éclairent. Il a bien fait de laisser sa valise à la consigne, il est plus libre, mains enfoncées dans les poches, il progresse à contre courant, les banlieusards se ruent vers la gare pour ne pas rater leurs trains, femmes et enfants attendent le retour du père.
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