Politique et humour
20h00
Nous resterons cette nuit au camp des brigands, il ne nous sera pas possible aujourd’hui de faire plus mauvaise rencontre. Nous avons discuté avec ces hommes en vadrouille, ils vivent de rapines, dévalisent les voyageurs qui n’osent ou ne peuvent pas se défendre, des routiers en quelque sorte, des gens prudents qui ne vont pas au devant de batailles perdues, comme l’a montré le bref combat de cet après midi. Ce groupe se déplace au gré du vent, à la recherche de nourriture et biens revendables, ils vont une fois par mois essayer de vendre leur butins. Ce sont sans doute les mêmes que nos avions faillis rencontrer pendant notre voyage. Ces gens ne me sont pas sympathiques, on sait que l’on doit de méfier quand on les côtoie. Demain nous les quitterons, nous n’avons rien à partager avec eux, nous n’avons pas les même buts, je me demande même s’ils en ont un. Nous mesurons la désespérance d’une partie de cette population qui ne survit ainsi que par des vols au hasard des routes. Ils sont tous issus de la population locale , ils n’ont pas su s’intégrer dans les villes ou l’activité a repris son cours, ils vivent en nomades, regroupés en un gang pour paraître plus fort , mais finalement pris un à un , ils ne sont que des individus isolés mièvres et apeurés. Cette nuit, je ne dormirais pas , Max ne dormira que d’un œil , je sais que Félicité en fera tout autant, ce serait trop bête de se faire dépouiller.
Comme je le craignais, un voleur plus volontaire que les autres a voulu fouiller nos affaires, bien mal lui en a pris, je l’ai entendu s’approcher de nous, Max s’est mis à gronder, je l’ai maîtrisé par surprise, sans chercher à le blesser, un coup sur la tête l’a occis pour un moment, je lui ai entravé les mains et les pieds pour le désigner à toute la troupe demain matin. Nous le libérerons après notre départ. Il s’agit bien sur de Shako, il n’avait pas digéré son bain d’orties.