Politique et humour
20h00
Les affaires de notre patron vont bon train, la clientèle est nombreuse, les réparations à effectuer sont souvent assez banales, de plus notre patron achète des vieux cadres , des roues plus ou moins en bon état et nous sommes chargés de remettre ce matériel en état de marche, le résultat est souvent disparate, cela donne un aspect très original au montures réparées, et sans doute unique. Il est temps pour nous de partir, nous avons été payé convenablement en euros , seule monnaie ayant cours. La route me manque, Félicité a, elle aussi, besoin d’espace, la vie en ville quand on a connu ces jours de voyage paraît vraiment trop routinière. Notre Max a tendance à s’empâter, il lui faut de l’exercice. Je dois avouer que je suis dans les mêmes dispositions. Demain, nous reprendrons la route, vers le sud cette fois, en longeant la côte ou tout du moins sans trop nous en éloigner. La mer saura nous nourrir , j’ai fait de grands progrès à la pêche. Je conserve notre carriole, nous aurons besoin d’elle, notre chemin sera sans doute long, mais nous ne sommes pas pressé, nous sommes tous les trois si bien ensemble. Sans jamais nous l’avouer, je sens que Félicité pense la même chose, Max, lui, est nettement plus démonstratif, il ne cache pas ses sentiments. et ne cesse de japper joyeusement quand nous venons le caresser. Nous rendrons les clés de notre appartement demain matin et ce sera sans regrets que nos quitterons la ville. Trop de monde, trop de sollicitations , on m’avait demandé de me présenter aux élections, non merci, je préfère de loin notre indépendance, puis diriger les autres n’est pas mon but ni celui de Félicité. Nous en avions discuté, elle partage ma répulsion pour tous ces mandats électifs ainsi que les travaux administratifs. Demain, la route sera à nous, nous serons libres de nos choix.