Politique et humour
Le voyage continue 5
Ces moments passés en mer, au large, sont des heures exceptionnelles, je me demande finalement si ce n’est le pas plaisir de prendre la mer qui motive la pêche, d’où nous tirons notre subsistance. Parfois, lorsque le temps le permet Félicité se joint à moi et nous partons passer une journée en mer, non loin de la côte. Cela fait des mois que cette idée me trotte dans la tête, pourquoi ne pas repartir, mais cette fois à bord du bateau, en longeant les côtes ou en nous éloignant en mer, visiter d’autres contrées en nous déplaçant avec le bateau. Ma technique de navigation me semble aujourd’hui suffisante pour envisager ces voyages, partir quelques semaines pour voir ailleurs, pour découvrir d’autres modes de vie, pour rencontrer d’autres personnes, l’immobilité me pèse. Puis ensuite revenir, plus forts de nouvelles expériences. Alors, Félicité et moi en avons discuté, son rôle dans le village est devenu essentiel, elle ne veut pas quitter le village trop longtemps, trop de gens comptent sur elle. Nous avons décidé que nous partirons quelques mois tout au plus, l’attrait de l’inconnu est trop fort pour que nous restions ici, à regretter ensuite de ne pas avoir tenté l’aventure. Je prépare tout ce qu’il nous faut pour voyager en mer, le bateau, d’abord est constitué d’une coque large lestée par une lourde quille, un 5,75 mètres, 2 mètres de largeur, un mat, une grand voile, un foc. Un bateau relativement stable pour la promenade et la pêche occasionnelle, enfin, je ne pêche pas pour m’amuser mais pour nous nourrir. Puis nous pêcherons à la traîne, au fil de notre route. Le soir nous nous rapprocherons des côtes pour nous abriter des vents ou des changements brutaux de l’état de la mer, nous irons aussi souvent à terre pour chercher l’eau douce dont nous aurons besoin, puis nous pourrons en cas de rencontre à terre essayer d’échanger le poisson pêché contre des fruits et des légumes.